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Fin du démarchage téléphonique en France : un mois après, que se passe-t-il réellement ?

il y a 4 jours
3 min de lecture
Démarchage téléphonique

Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique auprès des particuliers en France est soumis à un principe de consentement préalable, sauf exceptions prévues par la réglementation. L’annonce avait rapidement fait naître une inquiétude : était-ce la fin des centres d’appels au Maroc ?

La réalité du terrain, un mois après, est plus nuancée. Certains modèles sont effectivement touchés, mais le marché ne s’arrête pas pour autant.


  1. Pour rappel, la réforme ne concerne pas la prospection commerciale dans son ensemble

Le premier point à clarifier est essentiel : la réforme porte sur le démarchage téléphonique B2C, et non sur la prospection commerciale en général. La prospection B2B reste autorisée, avec ses différentes missions d’externalisation : prise de rendez-vous B2B, qualification de leads, télévente B2B etc... Ainsi que les missions de gestion des appels entrants. Sur le terrain, ce sont donc les structures dont l’activité reposait massivement sur le démarchage B2C pour la France qui ont commencé à fermer leurs portes. Mais quel est l’impact de la réforme sur les missions qui subsistent ?


  1. Le B2B et les appels entrants restent des marchés ouverts

Face à cette contrainte, plusieurs acteurs historiquement positionnés sur le volume cherchent à réorienter leurs équipes vers la prospection B2B. Pour certains, cette évolution peut constituer une réelle piste de diversification.

Mais elle ne se résume pas simplement à changer de fichier ou de cible. La prospection auprès des décideurs d’entreprises répond à des codes différents de ceux du B2C de masse :

  • Le volume ne suffit plus : multiplier les appels, suivre mécaniquement un script ou chercher le rendez-vous à tout prix ne garantit pas la qualité de la prospection.

  • La posture devient déterminante : comprendre les enjeux de son interlocuteur, savoir écouter, adapter son discours et instaurer un échange naturel sont essentiels dans une relation B2B.

  • La représentation de l’entreprise prend une autre dimension : le commercial qui prospecte engage, dans chaque échange, l’image de l'entreprise qu'il représente. La connaissance de son offre, de son positionnement et de ses enjeux devient donc indispensable.

  • La qualité de la qualification compte autant que le rendez-vous : en B2B, un rendez-vous obtenu sur la seule base de critères remplis peut avoir peu de valeur s’il ne correspond pas réellement au besoin ou au niveau de décision attendu.

Les structures habituées à fonctionner principalement sur le volume, le remplissage de critères et la recherche du résultat à court terme peuvent ainsi constater que le passage au B2B nécessite davantage qu'une adaptation opérationnelle.

Il implique une évolution des méthodes, des profils recrutés, de la formation et de l'encadrement. Autrement dit, une transformation du modèle plutôt qu'un simple changement de cible.


Pour mieux comprendre les exigences du B2B : Les 7 règles d'une prospection téléphonique B2B réussie


  1. Les centres d’appels au Maroc peuvent s’appuyer sur un nouveau vivier de talents

Le changement de modèle ne concerne pas uniquement les entreprises. Les commerciaux issus de la prospection B2C doivent eux aussi pouvoir faire évoluer leurs pratiques pour répondre aux nouvelles attentes du marché.

Pour les acteurs spécialisés dans l’externalisation commerciale B2B, cette évolution constitue une opportunité d’élargir leur vivier de talents.

Mais la disponibilité de ces profils ne signifie pas automatiquement leur adéquation aux exigences du B2B. La valeur se situe davantage dans la capacité à :

  • Identifier le potentiel au-delà de l’expérience acquise sur des modèles de production différents ;

  • Sélectionner rigoureusement les profils présentant les aptitudes commerciales et relationnelles recherchées ;

  • Former ces profils aux spécificités de la mission, du secteur et de l’entreprise représentée ;

  • Les accompagner dans la durée, avec un encadrement suffisamment proche pour travailler la qualité des échanges et la progression commerciale ;

Pour les donneurs d’ordre, cette évolution déplace donc aussi les critères d’évaluation d’un prestataire. Il ne s’agit plus seulement de savoir combien de positions peuvent être mobilisées, mais de comprendre comment les profils sont sélectionnés, préparés et accompagnés pour représenter l’entreprise dans leurs échanges commerciaux.


Après la réforme, le modèle évolue plus qu’il ne disparaît

Un mois après la réforme, il est donc prématuré de parler de fin de la prospection externalisée au Maroc. Ce qui est en train de disparaître, c’est surtout la place occupée par un certain modèle de démarchage B2C agressif. Pour les donneurs d’ordre, la question devient plutôt celle du modèle d’externalisation choisi et de la capacité du prestataire à proposer une véritable organisation commerciale, avec les compétences et les processus adaptés à chaque activité.




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